La rencontre de l’art et l’artisanat africain

La rencontre de l’art et l’artisanat africain

Les Wax africains et les statuettes en guise de décoration d’intérieur sont autant de symboles d’identification de l’art et l’artisanat africain

Les notions d’art et d’artisanat, de façon générale sont difficiles à définir. S’agissant de l’art et l’artisanat africain la difficulté est encore plus forte. Ces difficultés ont des origines lointaines et des tendances très variées. Ce sont en effet deux notions qui, quel que soit le contexte culturel, sont liées entre elles. En Afrique subsaharienne, on s’accorde à les unifier comme faisant partie d’un même système de pensée, d’un ensemble d’attitudes et de conceptions. En dépit de ces difficultés, l’idée d’une richesse et d’une identité propre de l’art africain fait aujourd’hui l’unanimité.

Les différentes formes et particularités de l’art et l’artisanat africain

Il peut revêtir différentes formes et être destiné à des buts précis. Si, généralement, les objets issus de l’art africain ont été fabriqués à des fins utilitaires, ils sont aussi une expression d’identité. Ils peuvent donc prendre des apparences diverses en fonction des usages et des conceptions. Dans la plupart des cas, ce sont des sculptures, des boites ou des figurines fabriquées à base de différents matériaux. A l’inverse des objets d’art occidentaux, ces productions artistiques africaines sont plus représentatives. Elles évoquent des civilisations, des manières de vivre, des idéaux propres au continent africain. Ainsi peut-on remarquer des objets fabriqués sur commande et ayant une signification bien précise. Le cas des instruments de musique est un exemple parmi d’autres.

L’art et l’artisanat africain, autre fois rejeté, aujourd’hui respecté

georges_adeagbo_ecriture_detailPendant bien des années, l’Afrique a essuyé de nombreuses critiques sur la qualité de ses œuvres artisanales. Elles étaient considérées comme le fruit de préoccupations rituelles ou mystiques et non comme des créations destinées à des fins esthétiques. De même, l’art africain était considéré comme anonyme. On reprochait aux artistes et artisans de ne pas signer leurs œuvres. Aujourd’hui, cette époque est révolue.

Les sculptures, boites et statuettes originaires du continent noir ne sont plus regardées de haut. Par ailleurs, à la faveur du développement de l’ethnologie de l’art, la création individuelle est désormais privilégiée au détriment de l’anonymat. L’aspect esthétique des objets de l’artisanat subsaharien n’est donc plus seul mis en valeur. L’artiste africain est maintenant considéré à part entière comme exerçant son métier, selon les règles de l’art, à l’image de l’artiste européen.

L’heure de la reconnaissance de l’art et l’artisanat africain

anatsui-2De plus, les techniques de datation ont permis de restituer au continent ce qui lui revenait de droit. En témoignent les tests de thermoluminescence effectués sur les noyaux d’argile des « Bronzes d’Ifè ». Ces créations étaient considérées, à tort, comme européennes à cause de leur classicisme. Les tests ont révélé que leurs origines remontent en réalité au XIVème siècle et le Bénin a été identifié comme étant leur provenance.

De nos jours, la visibilité de l’art contemporain africain est une réalité. Pour le Biennale de Venise, le ghanéen El Anatsui a reçu un Lion d’or pour l’ensemble de sa carrière. La vente, en 2014 chez Sotheby’s, d’une de ses tentures ondoyantes à 1,2 millions d’euros lui a valu d’être aujourd’hui l’artiste africain le plus cher. L’exposition personnelle des constellations arborescentes d’objets trouvés dans la rue, par le béninois Georges Adéagbo à la foire de Bâle, est un autre exemple d’affirmation de l’art africain à l’échelle mondiale. Cette affirmation est davantage renforcée à travers les pagnes Wax, notamment par leurs motifs, expression d’identité.

Les motifs de pagne Wax dans l’artisanat africain

    WAXLe pagne Wax est un tissu en coton imprimé de qualité supérieure utilisé par les femmes africaines pour la confection de leurs vêtements. Le commerce de ces tissus représente aussi une part importante de l’économie de plusieurs pays en Afrique de l’Ouest. Les motifs que comportent ces tissus sont un moyen de communication, d’affirmation d’idéaux sociaux et religieux. Ils peuvent être figuratifs, géométriques ou symboliques et portent un nom selon les cas. Les symboles les plus répandus sont les yeux, les mains, les animaux et même des photos de figures politiques ou religieuses influentes. Plusieurs qualités de Wax existent. On distingue alors les dutch super deluxe en coton léger, les dutch deluxe, les super deluxe et les deluxe. Le Wax est la parfaite illustration de la fertilité de l’art africain en idées.

Les statuettes et figurines dans l’art et l’artisanat africain

6a00d8341c026953ef00e54f87e9578834-800wiEn guise d’objets de décorations, des sculptures et figurines sont fabriquées et vendues. Celles-ci véhiculent souvent un message. Les statues dites « colons » par exemple représentent le « colon », homme blanc dans la conception africaine. Elles ont un côté plaisantin, parfois moqueur. On pouvait remarquer l’homme blanc dans son casque colonial, pistolet à la ceinture et les mains en poches. Il s’agit la d’une représentation typique de la réalité d’une certaine époque.

Des jeux créés par les artistes africains font également partie de cet ensemble identitaire. Ces jeux mettent en valeur l’ingéniosité des artistes africains. Les tableaux d’artistes, les instruments de musique et des têtes d’animaux sont aussi à compter au nombre des objets décoratifs directement issus de créations artistiques africaines.

Présents dans les domiciles, les tabourets sont aussi de ces produits issus de fabrications d’artisans africains. Il en est de même des jarres fabriquées en terre cuite, et qui servent encore à la préparation de tisanes et repas dans certains foyers. Tous ces objets tendent à matérialiser la présence de l’artisan africain dans la plupart des ménages en Afrique et on une forte dimension artistique.

Les matériaux utilisés en art artisanal africain

Ils sont quelque peu rudimentaires bien qu’aboutissant régulièrement à des résultats satisfaisants. Le bois, la terre glaise, le laiton de cuivre, les bassines de trempage et bien d’autres différents matériaux entrent en ligne de compte.

Bien que les méthodes et instruments se soient perfectionnés au fil des années, l’impact des anciennes méthodes à une certaine période ne doit pas être ignoré. Tel est le cas de la cire d’abeille, lavée pour être débarrassée des impuretés et utilisée pour ses vertus cicatrisantes. De son côté, l’aluminium est aussi fréquemment utilisé, notamment pour la fabrication de marmites ou de jarres. Le réchaud à charbon fait également partie des objets créés par des artisans africains en utilisant de l’aluminium. Par ailleurs, des jantes de camion servent parfois de four pour les forgerons, tout comme le charbon et les coques de noix de coco servent à faire du feu. Ces matériaux et équipements aident le forgeron à fabriquer les objets usuels comme les couteaux, les haches, les marteaux, etc.
L’Afrique peut être fière d’avoir su se faire un nom sur le plan de l’identité artistique. Si par le passé, elle était regardée avec peu d’aménité, aujourd’hui la conception a considérablement évolué. Certes, ce couronnement est le fruit d’un travail de longue haleine. Il repose aussi sur un talent déjà existant et qui s’est peaufiné au fil des générations.

 

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