Masques africains toute une histoire

Masques africains toute une histoire

Masque-Grand-25-bis-de-755-sur-530-1Certains masques sculptés en bois qui ornent nos intérieurs ont pour origine l’Afrique. Considérés comme des objets sacrés dans le cadre de certains rites africains, les masques ainsi sculptés ont également leur importance dans de nombreuses sociétés traditionnelles du monde. A partir du 19e siècle, à l’époque de la mondialisation culturelle du Tiers-monde, ces masques africains ont commencé peu à peu leur signification première. Dorénavant ils sont majoritairement vus dans leur aspect décoratif voire comme des objets de divertissement.

 

À l’origine des masques d’Afrique

La plupart des premiers masques proviennent des peuples anciens d’Afrique et il y a de nombreuses fausses idées autour de leur conception comme de leur signification. Contrairement à l’idée la plus diffusée actuellement, ce ne sont pas des accessoires de théâtre, des articles de décoration, des représentations de visage, ni des objets d’art, ou des objets sans vie et encore moins des objets de sorcellerie. Ces masques, étaient à l’origine des objets très sacrés utilisés uniquement lors des grandes cérémonies ou des rites africains d’origine animiste.

A l’origine de la création des masques par ces peuples, il y avait la volonté de matérialiser leur histoire, les mythes autour de leurs croyances ainsi que leur culture. Les masques ont donc initialement vu le jour afin de donner vie à ces mythes. Portés par des hommes, ils servaient à matérialiser un esprit, une créature exceptionnelle, surnaturelle, ou un être ayant la capacité d’agir sur les vivants. Le porteur du masque devait ainsi pouvoir faire naître auprès des vivants des sentiments multiples : respect, crainte, peur, terreur, courage, hilarité, etc. Ces masques font donc partie des coutumes des peuples anciens d’Afrique.

Fabrication et typologie des masques

Ces masques sont essentiellement fabriqués en bois, plus spécifiquement du bois d’ébène. En comparaison avec les autres matériaux utilisables et aux autres types de bois, le bois d’ébène a un caractère sacré et symbolise la richesse et le pouvoir. Les masques peuvent aussi être réalisés avec des fibres végétales, des peaux d’animaux, des métaux, des ossements, des coquillages, des calebasses, etc. Selon les coutumes, la fabrication des masques africains doit avoir lieu à l’écart du village pour se préserver des regards indiscrets et curieux du peuple. Le sculpteur doit également se purifier et observer scrupuleusement de nombreux interdits avant de concevoir les masques. Il doit nettoyer et repeindre chaque masque avant et après chaque utilisation, cela permet de le conserver.
Le nom attribué aux masques varie en fonction de leur utilisation et du peuple qui les utilise. On identifie généralement trois sortes de masques. Les masques zoomorphes, de forme animale qui se caractérisent par la représentation de visage d’animaux comme le lion, les hyènes, les antilopes, les éléphants, les chiens, etc. Il y a aussi les masques à figure humaine ou les masques dits anthropomorphes qui représentent des visages d’hommes ou de femmes de la famille du rang des ancêtres. Enfin, il y a les masques anthropozoomorphes qui représentent un visage d’homme décoré avec des éléments d’animaux comme des plumes, des dents, des cornes, etc.

Symbole et signification des masques africains

Trio de figurines singes en bois d'ébène

Les masques ont des significations particulières mais ont avant tout une symbolique culturelle très marquée. Les masques africains sont avant tout la représentation des esprits des ancêtres dans leur rôle de gardien des vivants.

Les masques africains sont aussi censés être vecteur de développement agricole. En effet, utilisés pour des fins agricoles, ces masques participent également au cycle agraire. Ils sont des supports matériels de manifestations surnaturelles des pluies, des germinations, des cultures et des récoltes. Les masques participent également au cycle de la vie suivant 2 évènements majeurs : l’initiation et la mort. Ils ne doivent être portés que par des hommes initiés aux identités qui doivent rester inconnues.

Ils sont utilisés par exemple pour intervenir lors des circoncisions ou des levées de deuil. Ces masques servent également à faire fuir des calamités.
Notons qu’il y a également des significations précises aux couleurs des masques d’Afrique. Le blanc, couleur de Dieu, signifie le passage de la mort à la renaissance ou la lumière et la pureté. Le noir, couleur négative, représente la mort et le mal (sorcellerie, maladies, anéantissement, etc.). Le rouge, couleur polyvalente, représente soit le sang, le feu, le soleil, l’agressivité, etc. Le jaune caractérise la paix et la sérénité, mais aussi la richesse et la fortune, la fertilité ou l’annonce de la mort. Le bleu représente, quant à lui, la froideur et la pureté, là où le vert signifie la croissance et la virilité.

La vraie valeur des masques dans les sociétés d’Afrique anciennes

Comme vous l’aurez compris l’origine de la fabrication des masques africains n’est pas le plaisir des yeux. Ils sont issus de la volonté des hommes africains de surpasser le surnaturel ou de le côtoyer et le faire intervenir dans le monde des vivants. Ces masques constituent dès lors des objets de culte ancestraux des peuples animistes. Notons qu’il y a les masques sacrés et les masques profanes.

Les masques sacrés détiennent un niveau de pouvoirs religieux inestimable puisqu’ils sont chargés de montrer l’invisible, les divinités, les forces surnaturelles. Ils sont utilisés dans des cérémonies de purification, des rites africains de sacrifice ou de conjuration. Tous les assistants devront passer devant pour recevoir la purification. Les masques profanes sont, quant à eux, des masques de divertissement qui s’utilisent lors des fêtes. Ils sont la représentation des ancêtres du clan. Ils sont plus petits et plus nombreux par rapport aux masques sacrés. Ce sont, entre autres, les masques qui entourent le masque sacré pendant les rites africains et les grandes cérémonies.
Les masques ont pour ultime rôle d’assurer la cohésion et la hiérarchie au sein des vivants. Ils garantissent un mode de vie spécifique. Ils sont à la fois vecteurs de revendication d’identité locale et médiateurs entre les 3 entités de la vie : dieu, les ancêtres et les hommes. Les masques peuvent également garantir la hiérarchie sociale, l’harmonie au sein de la communauté ainsi que la stabilité économique. Ils assurent la pérennité du savoir et de l’intelligence. Témoins des mutations culturelles, ils restent le socle dépositaire de toute la culture de l’Afrique.

Les masques d’Afrique à travers le monde

La Côte d’Ivoire est le principal sculpteur de ces masques jusqu’à nos jours. Ces masques constituent une richesse unique pour ce pays. Mais ils ont retenu l’attention des étrangers à partir du 19e siècle. Ils commencent à être adoptés par des pays européens, asiatiques et américains. Ces masques se retrouvent désormais dans des musées et des galeries, presque vidés de leurs sens. Ils sont dépourvus des costumes, des parures, des coiffures et des accessoires de danses que revêtent habituellement leurs.

Ces masques ne sont plus considérés que dans leur dimension esthétique et artistique. Ils sont dorénavant utilisés comme des articles de décoration de pièces, ou des accessoires de déguisement. Ce sont surtout les mutations culturelles apportées par la modernité, y compris l’intrusion du christianisme dans les communautés africaines, qui ont menées à la désacralisation de ces masques. On assiste actuellement au déracinement identitaire de toute l’Afrique devant l’exportation de ces masques.

Même étant encore très fortement ancrés dans la culture africaine, la signification des masques africains n’est plus la même, elle a évolué. Ils sont dorénavant considérés comme des œuvres d’art de la sculpture africaine pour le reste du monde.

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